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Curieux des empreintes et des chants laissés par les «transhumants », chanteur nomade moi-même, faiseur d’imaginaire, je file le temps et la "toile" au gré de multiples rencontres fraternelles. M’amusant de tout. Quoique souvent sérieux.

"Invente ! il n’est fête perdue au fond de ta mémoire. Invente les noirs béants de ce portail, l’ombre chaude à l’Equateur bue, et la foudre en tes mains reçue, ouverte comme un éventail"
(Extrait de « Langage » du poète Robert Ganzo 1898-1995)


mardi 28 septembre 2010

"Nanas de la cebolla (berceuse) CARCELERA, pour me sortir de prison

BERCEUSE

L’oignon est du givre
Enfermé et pauvre
Rosé de tes jours
Givre de mes nuits.
Faim et oignon,
Givre noir et rosé
Ronds
.
Dans le berceau de la faim
Mon petit garçon s’alitait
Il tétait le sang d'un oignon
Ton sang, celui de ta mère
Est fait de givre et de sucre,
D’oignon et de faim.
.
Une femme brune
Sûre d’elle en lune
Se répand fil à fil
Sur ton berceau.
Ris mon enfant,
Je t’apporte la lune
A cet instant précis.
.
Alouette en ma maison
Enivre toi de rire
Ton rire est dans tes yeux
L’ensoleillement du monde
Ne le défait pas
Pour que mon âme
En t’écoutant
Vainque l’espace
.
Ton rire mon enfant
Fait de moi un homme libre,
Tu me donnes des ailes
Mes solitudes s’éloignent
Il m’arrache à ma prison.
Doux sourire qui s’envole
Ton cœur sur tes lèvres
m’éclaire au plus haut point
Miguel Hernandez
(A suivre)



NANAS DE LA CEBOLLA

La cebolla es escarcha
cerrada y pobre.
Escarcha de tus días
y de mis noches.
Hambre y cebolla,
hielo negro y escarcha
grande y redonda.
.
En la cuna del hambre
mi niño estaba.
Con sangre de cebolla
se amamantaba.
Pero tu sangre,
escarchada de azúcar,
cebolla y hambre.
.
Una mujer morena
resuelta en luna
se derrama hilo a hilo
sobre la cuna.
Ríete, niño,
que te traigo la luna
cuando es preciso.
.
Alondra de mi casa,
ríete mucho.
Es tu risa en tus ojos
la luz del mundo.
Ríete tanto
que mi alma al oírte
bata el espacio.
.
Tu risa me hace libre,
me pone alas.
Soledades me quita,
cárcel me arranca.
Boca que vuela,
corazón que en tus labios
relampaguea.
.
Es tu risa la espada
más victoriosa,
vencedor de las flores
y las alondras
Rival del sol.
Porvenir de mis huesos
y de mi amor.
.
La carne aleteante,
súbito el párpado,
el vivir como nunca
coloreado.
¡Cuánto jilguero
se remonta, aletea,
desde tu cuerpo!
.
Desperté de ser niño:
nunca despiertes.
Triste llevo la boca:
ríete siempre.
Siempre en la cuna,
defendiendo la risa
pluma por pluma.
.
Ser de vuelo tan lato,
tan extendido,
que tu carne es el cielo
recién nacido.
¡Si yo pudiera
remontarme al origen
de tu carrera!
.
Al octavo mes ríes
con cinco azahares.
Con cinco diminutas
ferocidades.
Con cinco dientes
como cinco jazmines
adolescentes.
.
Frontera de los besos
serán mañana,
cuando en la dentadura
sientas un arma.
Sientas un fuego
correr dientes abajo
buscando el centro.
.
Vuela niño en la doble
luna del pecho:
él, triste de cebolla,
tú, satisfecho.
No te derrumbes.
No sepas lo que pasa ni
lo que ocurre.
Miguel Hernandez.

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